Les jeunes générations, remède au déficit démocratique de l’UE ?

Publié le par Sandra Dondenne

Face à un désintérêt de plus en plus inquiétant de la part des citoyens vis-à-vis de l’UE, la Commission a décidé de miser sur les jeunes pousses. Depuis quelques années, dans les écoles primaires et secondaires, l’exécutif souhaite chaque printemps apporter un peu de cet esprit européen qui ne s’exprime que trop peu dans les urnes. En effet, l’élection du Parlement européen a été boudée par 55,4% des électeurs en 2004 : une abstention record depuis l’introduction de l’élection directe des eurodéputés par les citoyens.

 

 

Lancé lors de l’année scolaire 2002-2003, le Printemps de l’Europe invite les jeunes à débattre de questions européennes via les activités pédagogiques organisées par leur établissement scolaire. Les rencontres multiples sont encouragées, grâce à des journées spéciales où les élèvent peuvent confronter leurs interrogations à l’expertise de personnalités et élus européens. Du 26 mars au 30 juin, les écoliers du secondaire pourront aussi participer, cette année, à un concours artistique sur le thème de la démocratie. Objectif : réaliser une affiche capable de  symboliser la particularité de la démocratie européenne. Et pour accrocher les 62 millions de jeunes habitant l’Union[1], le Printemps de l’Europe a également misé sur des séances de chat en ligne, pour l’occasion destinées à un échange entre les élèves de plusieurs Etats membres. Quoi de mieux pour faire naître chez ces jeunes pousses ce sentiment d’identité qui manque cruellement à l’Europe d’aujourd’hui ?

 

 

En tout cas, la recette semble bien fonctionner : en 2003, 5 501 établissements scolaires étaient inscrits à l’événement, contre 7 501 écoles pour le printemps 2006. De plus en plus d’élèves sont donc amenés à réfléchir à l’Europe sous toute ses coutures, avec un bénéfice net pour l’évolution de l’espace publique européen : éduquer les jeunes à l’Europe dès leur parcours scolaire peut favoriser une implication dans les questions communautaires et la prise d’engagements futurs en tant que citoyen et électeur. S’il faudra prendre son mal en patience pour voir les résultats de cette initiative se faire sentir, la nouvelle politique de communication de l’UE semble bien pensée, décidée à soigner le mal à la racine, c’est-à-dire dans le moule habituellement strictement national de l’éducation.

 

 

 

 

Plus d’infos sur www.springday2007.net

 

 

 



[1] Selon Eurostat, l’UE à 27 compte en 2006 62 millions de jeunes de 15 à 24 ans, et 78 millions de jeunes de moins de 15 ans.

 

 

 

Publié dans Le chicon européen

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