Plus gauche on sait pas faire !

Publié le par Marc Leiba

Il a finalement bien eu lieu ce débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. 12 ans que la confrontation droite gauche se cantonnait aux pantomimes sur des scènes archi conventionnelles : de l’Assemblée Nationale aux pavés parisiens, en passant par les AG à mains levées dans les facs. L’explication projet contre projet s’est déroulée sous nos yeux mais sans que les téléspectateurs apprennent quelque chose de nouveau ou que se produise la disgrâce de l’un ou l’autre des candidats. Ils se sont montrés fidèles à eux-mêmes, exact reflet des personnages qui depuis longtemps, nourrissent notre temps de cerveau disponible.

 

Protéger la Police !

 

Tout avait pourtant très mal commencé pour Ségo alors qu’elle voulait récupérer une sordide histoire de viol d’une fonctionnaire de police. Non contente de faire son beurre politique sur un fait divers – donc de placer dans l’embarras environ 99 % du peuple de gauche qui répugne à ces méthodes – elle fixait la France dans les yeux et déclarait que si elle était élue, elle ferait escorter chaque femme policier jusqu’à son domicile lorsque celle-ci termine tard son travail. Avec beaucoup d’humour, son contradicteur reformulait l’idée : « vous voulez donc créer deux fonctions publiques, une au service des Français et une au service de la fonction publique ». Une police pour protéger la police. Peut être qu’en souhaitant plus de poulets, la candidate témoigne son soutien à l’élevage français touché par la grippe aviaire.


 "Je veux être au front avec les entreprises !"

Heureusement qu’elle s’est montrée plus convaincante sur le volet économique de son programme. Sarko et Ségo, sont dans un bateau, la dette tombe à l’eau, qui met la main au pot ? Le candidat de l’UMP opte pour la technique des vases communicants. Si je donne d’un côté c’est que j’aurais pris de l’autre. L’avantage avec Ségo, c’est qu’elle parvient à donner sans prendre. Comment ? Grâce à la méthode dite du Si Dieu veut. J’espère que le barbu est encarté parce que sinon c’est pas gagné. Ségo postule le retour de la croissance, téléguidée par son élection. Or, la croissance c’est comme les plans B, ça ne se décrète pas, ça se construit. Comme toujours, certains essaient sottement de réfléchir alors que la solution est évidente : Si Dieu veut il y aura la croissance le 7 mai et la France sera redevenue juste.

 

« La présidente de cekimarche »

 

En fait j’ai pas compris si c’est la présidente de « ce qui marche » ou bien plutôt de « ceux qui marchent » et qui au bout du compte, tombent dans le panneau. Sarko il est pénible, faut toujours qu’il nous explique comment il va faire. Nous, tout ce qu’on veut c’est être heureux, être heureux avant d’être vieux. Les gens préfèrent entendre « les partenaires sociaux en discuteront » et recevoir un joli sourie en prime, plutôt que « voici concrètement comment je m’y prendrai ». Admirez la mauvaise foi de Sarko qui lui lance « Quand on ne sait pas promettre, on promet des discussions ! »

 

La princesse à peine déflorée

 

L’Europe n’a pas été un sujet abordé comme il se doit dans ce débat. Un mal pour un bien penseront les conseillers royaux, puisque la dernière fois qu’elle en avait parlé à la télé avec François Bayrou, elle avait reçu une leçon mémorable d’économie de marché sur l’impossibilité de créer actuellement un salaire minimum commun à l’échelle des 27. Néanmoins, Ségo a eu le temps de réaffirmer sa foi dans le référendum pour débloquer l’Europe de son impasse institutionnelle. Impossible n’est pas français.

 

Une bonne idée pour finir

Soyons bon prince, il faut souligner une vrai bonne idée émanant de madame Royal : le boycott des jeux olympiques de Pékin en 2008 en signe de protestation de l’appui de la Chine au pouvoir de Khartoum. La situation soudanaise est intolérable, il convient par tous les moyens d’y mettre un terme. Le boycott jetterait le discrédit sur ces jeux et ferait perdre la face aux chinois.

 

Last but least

Le débat n’aura donc rien changé sur le fond, les deux camps resteront sur les mêmes impressions. A la rigueur, les électeurs de la candidate auront-ils compris qu’ils ne voteront pas pour le parti socialiste mais pour Ségolène Royal, première du nom. Quand Sarko relève une proposition de François Hollande, le compagnon et accessoirement premier secrétaire du PS (ou inversement), de créer une nouvelle taxe et qu’il demande à Ségo « Ca ne vous engage pas ? » la belle a répondu sèchement « NON ». Elle n’a rien à envier aux hommes politiques les plus rugueux, elle présidera avec la même autorité. Ségo, elle est plus gentille quand elle organise des concerts.   

Publié dans Elections Françaises

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